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Traversée III · Vapeur anglais · Ligne Cunard

Cambria

Liverpool → Boston via Halifax · janvier 1845 · 23 jours

Le steamer Cambria était un steamer à aubes, neuf de la ligne Cunard. Partant le 4 janvier 1845, il allait effectuer son 1er voyage qui ne fut pas brillant. Les installations étaient plus confortables que sur les navires à voiles. Au lieu de 10 à 20 passagers, il y avait place pour plus de cent le tonnage était le quadruple de celui du Louis Philippe. La table était tenue à l'anglaise. Le capitaine était un gentleman de bonne compagnie, vêtu d'un uniforme de lieutenant de vaisseau. Voici le détail de la marche du navire.

Le capitaine du Cambria, en pied, en uniforme de marine (ouvre une vue agrandie)
Le capitaine du Cambria — « un gentleman de bonne compagnie » en uniforme de lieutenant de vaisseau
Journal de bord
Date Conditions et position
4 janv. Partons à 4 h soir. Au sortir de la Mersey nous descendons le canal St Georges.
5 Même course.
6 Nous passons le cap Clear à 2 h du soir.
7 lat. 51.8, long 13.33 — 175 m du cap Clear.
8 lat 51.3, long 19.33 — 193 m.
9 lat 50.58 (?), long 22.30 — 167 (?).
10 lat 50.34, long 26.3 (?) — 100.
11 lat 49.49, long 28.29 — 100.
12 lat 49.70 (?), long 32 — 150.
13 lat 48.18, long 35.36 (?) — 244.
14 lat 47.55, long 39.28 — 116.
15 lat 47.21, long 41.43 (?) — 102.
16 lat 47.7, long 44.12 — 95.
17 lat 45.56, long 51.32 — 212.
18 lat 45.17, long 52.57 — 106.
19 lat 44.53, long 56.52 (?) — 125.
20 lat 44.40 (?), long 61.35 — 202. Orage de neige froid glacial.
21 Nous arrivons à Halifax dans la nouvelle Écosse point de relâche à 9 h du matin. Nous en repartons à 6 h du soir.
22 la 43.2 long 67.2 — 175 miles.
23 janv. Arrivons à Boston à 8 h du matin.

Il est à remarquer les variations dans les espaces parcourus en 24 heures. Le temps était constamment mauvais. À présent la marche des paquebots est régulière et soutenue et donne une moyenne de 30 miles à l'heure. Il y a 50 ans on n'osait pas marcher à toute vapeur quand le temps était mauvais, les machines n'étaient pas assez fortes pour lutter contre de fortes tempêtes.

En arrivant à Halifax le Cambria était couvert de glace et de neige gelée. Il fallut casser à coups de hache la neige gelée qui couvrait le canon, qu'on allait tirer pour l'arrivée. Roulé dans une couverture, ne pouvant pas promener sur le pont, j'en étais réduit à de sombres réflexions et à des lectures de causeries (?) de romans anglais.

Le port d'Halifax sous la neige : la colline de la citadelle avec fort et drapeau, deux tours du port, un steamer et des embarcations (ouvre une vue agrandie)
Halifax sous la neige

L'aspect d'Halifax était peu récréatif. Les toits étaient blancs de neige ainsi que la colline au haut de laquelle s'élève un fort qui domine la ville et sert de caserne à la garnison anglaise.

Les côtes de la nouvelle Écosse offrent un aspect désolé.

Une fois débarqué je louai un traineau pour voir la ville et ses environs immédiats au bout d'une heure j'allai rejoindre mes compagnons de voyage qui faisaient un tapage infernal dans une auberge.

Un traîneau à un cheval avec deux passagers, parmi des arbres nus et la neige (ouvre une vue agrandie)
Le traîneau loué pour visiter la ville

Le lendemain nous étions à Boston.

Pages manuscrites originales (2)